la poésie en France

Le fric des subventions

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Un dossier de subvention au Centre National des Lettres

La poésie peut rapporter gros ! Si l’on réussit à placer un dossier de subvention au Centre National des Lettres.

Le budget, comme les listes des subventionnés de ce CNL, est une donnée publique... mais il faut fouiner pour les trouver...

En 2011, le budget du CNL était de 45,55 millions d’euros et 187 créateurs littéraires se sont partagés 1 613 500 euros. Donc silence les auteurs, comme ces 187 élus vous pouvez manger au râtelier des aides...

45,55 millions d’euros ! « Ces recettes proviennent à 79 % de deux taxes, soit 36,06 M€, suivant une courbe tendancielle déjà ancienne à la concentration et qui se continue ici (+ 2 points). La première de ces taxes, portant sur l’édition (0,2% des CA excédant 76 300 €), atteint 5,32 M€, marquant une augmentation conjoncturelle de 5,6 % (soit +0,28 M€) en raison des bons résultats de la filière sur l’exercice. La deuxième, portant sur les appareils de reproduction et d’impression, bénéficie d’une amélioration structurelle de 9,2 % (soit + 2,59 M€) sous l’effet du relèvement de son taux, à partir de 2010, de 2,25 % à 3,25 % : elle atteint ainsi 30,74 M€ »
Donc même l’argent des auteurs inféodés à l’édition classique (les 0,2% des CA excédant 76 300 €, ce sont bien des sommes collectées sur les ventes de leurs livres), ces 5,32 millions d’euros ne reviennent pas aux auteurs... D’autres affectations sûrement plus utiles...

Un système qui met en avant les aides aux auteurs pour mieux se partager 96,5% du budget ! Mais naturellement ce système fonctionne grâce aux écrivains qui vivent sur l’espérance de toucher le jackpot. 28 000 euros, c’est en effet énorme, ça me permettrait de vivre plusieurs années... Le vingtième siècle démontra de manière extrême que toute dictature a besoin de collabos pour tenir. Les systèmes injustes puisent naturellement leur mode de fonctionnement dans cette boue de l’histoire. Le pire, s’il y a pire en la matière, étant que des auteurs-donneurs-de-leçons collaborent ainsi à la pérennité du monstre.

Quant aux 30 millions d’euros des taxes sur les appareils de reproduction et d’impression, il semble scandaleux que les utilisateurs continuent à accepter de les payer, sans même la justification qu’elles servent à la création comme s’en gargarisent les officiels et installés.

« Décidées par le Président du Centre national du livre, après avis d’une commission ou d’un comité d’experts, les aides mises en œuvre par l’établissement sont exposées de façon détaillée dans le présent bilan, via une présentation par article budgétaire, puis par commission ou type d’accompagnement. »
Les Bourses ne représentent, certes, en 2011, que 7,1% du budget consacré aux interventions.
9% aux "Activités littéraires" (des "Sociétés des amis d’auteurs" ont ainsi bénéficié de 165 000 euros + 2 474 836 euros aux "Subventions développement vie littéraire")
20,5% Subventions à l’édition (soit 6 027 070 euros)

Aides aux revues 1 124 135 euros.
Aides à la traduction 2 575 424 euros.
Projets spécifiques 178 558 euros.
Subventions à la publication 2 148 953 euros.

Le budget interventions en 2011 fut de 30 859 137 euros. Sur un budget global de 45 millions... Où passent les 15 millions ? En frais de fonctionnement ?

Donc, les bourses destinées aux créateurs littéraires où 187 bénéficiaires se sont partagés 1 613 500 euros. (alors que les 7,1% représentent une dotation finale de 2 133 860 euros... la différence est sûrement... ailleurs...)
Bourse de découverte : 3 500 euros. (47 aides)
Bourse de création : 7 000 euros. (89 aides)
Bourse de création : 14 000 euros. (43 aides)
Année sabbatique : 28 000 euros. (8 aides)

Au rayon poésie :

BENAZET Luc : Projet sans titre (75) 3 500 euros.
BOUQUET Stéphane : Les amours suivants (75) 14 000 euros.
CHAMBARD Claude : Un nécessaire malentendu, V : Tout dort en paix, sauf l’amour (33) 7 000 euros.
COURTADE Fabienne : Le livre à venir (75) 28 000 euros.
COURTOUX Sylvain : Stilnox et Poète, c’est crevé (87) 7 000 euros.
CREMER Stéphane : Compost / Composta poème traduit en portugais du Brésil (75) 7 000 euros.
DEMANGEOT Cédric : Une inquiétude (09) 14 000 euros.
DIESNER Sébastien : Pamela (Belgique) 7 000 euros.
DOYEN Franck : Littoral (54) 7 000 euros.
DUMOND Frédéric : Attracteurs étrangers (93) 3 500 euros.
FUSTIER Romain : Mal de travers Infini de poche (03) 7 000 euros.
GRIOT Fred : UUuU (75) 7 000 euros.
JOURDAN Michel : Passerelles en brins de raphia vers d’incertains campements (34) 7 000 euros.
KAWALA Anne : Limites (75) 7 000 euros.
LAABI Abdellatif : Recueil de poésie (94) 14 000 euros.
LE CAM Claire : Quand les seins rebondissent et que brame le cerf (93) 3 500 euros.
LE DEZ Mérédith : Couteau de la nuit (22) 3 500 euros.
LEBRUN Guillaume : Sans titre (75) 3 500 euros.
LOIZEAU Sophie : La femme lit écrit (78) 7 000 euros.
MARTINEZ Cyrille : Jeune artiste poète inédit Un homme à la batterie (75) 7 000 euros.
MWANZA MUJILA : Fiston Le fleuve dans le ventre (Autriche) 3 500 euros.
PADELLEC Lydia : Poètes. Anthologie de poésie contemporaine (40 poètes) associée à des poèmes de l’auteure (78) 3 500 euros.
PENNEQUIN Charles : Trou type (59) 14 000 euros.
RANNOU Franck : Rapt (35) 7 000 euros.
ROUSSET Marie-Claude : Conversation avec plis (63) 14 000 euros.
ROUZEAU Valérie : Autoportrait(s) avec ou sans moi (93) 28 000 euros.
STUBBE Gwenaëlle : Mater est filius (75) 14 000 euros.

SUCHERE Éric : Deux projets : Mystérieuse et Time capsule (75) 7 000 euros.
TARDY Nicolas : Paysage avec caméras (13) 7 000 euros.
TSAKANIKAS-ANALIS Demetre : Les hommes, le temps, les lieux (Grèce) 7 000 euros.
VILGRAIN Bénédicte : Une grammaire tibétaine : du chapitre 9 au chapitre 10 (21) 7 000 euros.

Ces 31 bénéficiaires en Poésie se sont partagés 276 500 euros.



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